
À Balbala, dans les quartiers Layabley et Moustiquaire, le Projet de Développement Urbain Intégré (PDUI 2) et ses prolongements, le PDUI 2 bis et le PDUI 2 ter, ne se contentent pas seulement de construire des routes, des infrastructures publiques et de sécurité ou encore des espaces de détente et de jeux. Il transforme également les vies. Grâce au financement de l’Agence Française de Développement, l’ADDS transforme les chantiers en véritables écoles de vie, où des centaines de jeunes hommes et femmes apprennent des métiers et bâtissent, pierre après pierre, leurs quartiers mais également leur propre avenir.
Un vent d’espoir souffle depuis ces derniers temps dans les quartiers Layabley et Moustiquaire. Le projet de Développement urbain intégré 2 ainsi que ses prolongements complémentaires, le PDUI 2 bis et le PDUI 2 ter, financé par l’Agence Française de Développement et mise en œuvre par l’Agence Djiboutienne de Développement Social (ADDS) dans ce secteur de la commune de Balbala, n’ont pas seulement à vocation de faire couler du béton et de l’asphalte, ils ont également un caractère social et constituent une aubaine pour les jeunes de ces quartiers bénéficiaires directs de ces initiatives de transformation urbaine inscrit dans le cadre du programme ‘‘Zéro Bidonville’’ du gouvernement.
« L’objectif est double, selon les cadres de l’ADDS en charge de ces projets. Il s’agit d’une part, à offrir une première expérience professionnelle à des jeunes formés aux métiers du bâtiment, et de l’autre à injecter directement les bénéfices du projet dans l’économie locale par l’emploi des habitants eux-mêmes.»
Le cœur battant de cette approche réside dans un mécanisme de marché à clause sociale, imposé aux entreprises de travaux pour garantir une participation active des jeunes et des femmes des quartiers concernés.
Derrière cette innovation, une conviction forte anime les équipes de l’ADDS : le développement urbain ne vaut que s’il profite à ceux qui le vivent au quotidien. Ainsi, chaque entreprise intervenant sur les chantiers du PDUI 2 est tenue d’employer un quota de jeunes issus des formations techniques du projet ou de recruter localement des travailleurs journaliers des quartiers ciblés.
« L’objectif est double, selon les cadres de l’ADDS en charge de ces projets. Il s’agit d’une part, à offrir une première expérience professionnelle à des jeunes formés aux métiers du bâtiment, et de l’autre à injecter directement les bénéfices du projet dans l’économie locale par l’emploi des habitants eux-mêmes.»
C’est ainsi que le volet d’insertion sociale du PDUI 2 est devenu un véritable modèle d’intégration social et économique.
Plus de 39 000 journées de travail local créées…
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon les données de l’ADDS, entre 2021 et 2023, les chantiers de Layabley et Moustiquaire ont généré plus de 31 000 journées de travail au profit des habitants recrutés localement, soit 116 % de l’objectif initial fixé pour cette phase du programme. Dans le même temps, près de 8 000 journées ont été réalisées par des stagiaires issus des formations professionnelles. Dans le cadre du PDUI 2 ter, l’ambition est encore plus affirmée : 28 000 hommes/jours (H/J) sont programmés pour la main-d’œuvre locale et 14 000 H/J pour les stagiaires, confirmant la volonté de renforcer davantage l’impact social du projet.
Si les performances enregistrées témoignent d’une dynamique encourageante, notamment pour l’emploi local, elles mettent également en lumière des défis persistants. La participation féminine demeure en deçà des attentes, ne représentant que 14 % des emplois journaliers et 24 % des postes de stagiaires. Un déséquilibre que l’ADDS entend corriger à travers un renforcement des actions de sensibilisation, un accompagnement ciblé et une ouverture accrue des filières techniques aux jeunes filles.
Rappelons que pour atténuer le taux élevé de chômage dont souffrent les jeunes de ce secteur de la commune de Balbala, l’Agence Djiboutienne de Développement Social (ADDS) institution en charge de la mise en œuvre du programme PDUI 2, en collaboration avec le MENFOP, le CASAF et la chambre du commerce, a formé en amont, quelques 192 jeunes dont 94 filles, déscolarisés issus des quartiers Layabley et Moustiquaire dans les métiers tels que formation en anglais, technicien en informatique et réseau, maintenance de l’équipement solaire, couture/broderie, coiffure et esthétique, cuisine et restauration, électricité du bâtiment, chaud/froid, soudure, plomberie et installation sanitaire, maintenance automobile, conduite d’engins de manutention, maçonnerie polyvalence, carrelage, peinture bâtiment et menuiserie aluminium.35 parmi eux, formés selon un quota de compétences dont l’entreprise a besoin, ont été recrutés comme stagiaires. Sur le terrain, l’impact se lit dans les regards des jeunes. Ahmed, 26 ans, en faisait partie, il manie la truelle avec assurance. « C’est la première fois que je travaille sur un projet de cette ampleur. Je gagne ma vie honnêtement, et j’apprends chaque jour. Après le chantier, j’aimerais monter ma propre équipe de maçons », confie-t-il.
Non loin de lui, Mahado Youssouf Djibril, qui a choisi la filière soudure, alterne habilement entre la meuleuse à disque et le poste à souder à l’arc. Elle travaille comme soudeuse au sein de l’entreprise Hawk
A peine vingt ans Mahado évolue dans ce milieu qui fait appel à des efforts physiques et qui jusqu’à ce jour n’est réservé qu’aux hommes. « Au début, j’avais des difficultés pour m’introduire dans cet univers ‘‘masculin’’, mais actuellement, je m’y sens pleinement à ma place. J’ai gagné en confiance, en compétence et en respect auprès de mes collègues, qui reconnaissent désormais la qualité de mon travail et ma détermination » nous dit-elle avec un sourire aux lèvres.
Des microprojets porteurs d’espoir
Le Projet de Développement Urbain Intégré (PDUI 2) et son prolongement, le PDUI 2 bis, ont également donné une impulsion nouvelle au tissu associatif local.
Financée par l’Agence Française de Développement (AFD) à travers le Fonds de Développement communautaire (FDC), l’initiative a permis aux tissus associatifs de ce secteur de réaliser quelques 36 microprojets de développement les uns plus importants que les autres pour les habitants de ces deux quartiers de la commune Balbala.
Touchant près de 4 000 bénéficiaires directs au sein des communautés de Balbala avec un investissement total de 37.970.000 FDJ. Les projets associatifs financés par l’AFD ont permis de réaliser des progrès tangibles dans les quartiers Layabley et Moustiquaire à savoir l’augmentation du taux d’accès à l’eau potable grâce aux branchements de ménages sur les réseaux de l’ONEAD, l’amélioration de l’hygiène et de la santé publique grâce à la réhabilitation de latrines et au renforcement des campagnes de sensibilisation à l’assainissement, l’autonomisation des jeunes en leur offrant de nouvelles opportunités et en développant des compétences techniques tels que des formations sur la taille et la pose de la pierre.
Dans le cadre du renforcement des capacités du tissu associatif des jeunes de ces quartiers, un programme de formation à la conduite de voitures légères aux poids-lourds en passant par les véhicules de transport mis en place, dans le cadre de ce projet, a permis à 72 jeunes de décrocher des permis de conduire des catégories B, C et D.
Au cours de la cérémonie de remise des permis de conduire, le président de la commune de Balbala, Mohamed Hassan Saïd a souligné l’importance de ce programme pour les jeunes des quartiers précaires de ce secteur de la capitale. « Cette action noble s’inscrit dans l’employabilité des jeunes et surtout la lutte contre l’oisiveté et la délinquance juvénile » a-t-il déclaré.
Une déclaration confirmée par le témoignage d’un membre de l’association ‘‘Layabley’’, Lukman Mouhyadin. Il fait partie d’un groupe de jeunes qui a bénéficié d’un programme similaire. Le permis B obtenu dans le cadre du PDUI2 et PDUI2 bis, avec 14 autres de ses copains du quartier, a été selon son témoignage, une aubaine pour lui et sa famille.





















